France inter - Avec "Un abri qui sauve des vies", des citoyens offrent un toit aux victimes de violences conjugales
L’article de Faustine Calmel, publié le 16 septembre 2025 sur France Inter, met en lumière le rôle de l’association Un abri qui sauve des vies, qui propose un hébergement citoyen aux femmes victimes de violences conjugales confrontées à l’urgence de quitter leur domicile sans solution de logement.
Le manque de places dans les dispositifs d’hébergement institutionnels constitue un frein majeur au départ des victimes : selon le 3919, trois femmes sur quatre évoquent la question du logement lors de leurs appels. Pour répondre à cette carence, l’association s’appuie sur un réseau de plus de 1 000 citoyens “abritants” offrant un hébergement temporaire. Des témoignages, comme celui de Marinette à Lille, illustrent cet engagement solidaire qui ne vise pas à remplacer l’État, mais à compléter des dispositifs insuffisants.
En 2025, l’association prévoit de plus que doubler le nombre de nuitées proposées, passant d’environ 3 000 en 2024 à 7 000–8 000, signe d’un besoin croissant, notamment en zone rurale, où les structures spécialisées sont rares. Sa fondatrice, Charlyne Péculier, souligne toutefois un manque de moyens financiers qui freine le développement de l’association, malgré son utilité reconnue sur le terrain.
Si l’État recense environ 11 000 places spécialisées pour les victimes de violences conjugales — un chiffre doublé en huit ans —, celles-ci restent insuffisantes, en particulier pour assurer un relogement durable après l’hébergement citoyen. La situation est aggravée par la baisse des subventions aux associations d’aide aux victimes : une enquête récente de la Fondation des Femmes estime leur déficit à 6,7 millions d’euros pour 2025.